Le Café du Commerce

Parler du Café du Commerce c’est parler d’une institution dans l’histoire de la bistronomie parisienne. Installé dans un édifice historique des années 1900 conçu initialement pour être un grand magasin de mode féminine, ce lieu emblématique s’est mué en « bouillon » en 1921 sous l’enseigne « Aux Mille Couverts ». Les ouvriers de la naissante industrie de l’automobile furent les premiers à profiter des bons repas proposés dans ses salles qui pouvaient accueillir 200 convives.

Après un parcours riche en histoire, ce joyau de la Rive-Gauche renaît en 1988 sous le nom de Café du Commerce. Malgré son envergure, le lieu conserve toutefois une atmosphère chaleureuse et intime. Sa spacieuse salle à manger au rez-de-chaussée au sol en mosaïque de carreaux multicolores flanquée d’un salon plus intimiste, et ses mezzanines verdoyantes étagées sous une vaste verrière ouvrante aux beaux jours, créent une très agréable ambiance bucolique.

Pour la petite histoire, Marcel Dassault lui-même, inspiré par l’ambiance de ce lieu, avait choisi “Café du Commerce” comme titre pour sa chronique dans le magazine “Jours de France”, lieu de naissance des discussions animées qui donneront son nom à l’expression populaire. Sous la verrière, un médaillon à son effigie honore d’ailleurs cet héritage.

Aujourd’hui Le Café du Commerce est intégré à la collection des grandes brasseries parisiennes de la famille Joulie (Bouillon Chartier, Le Congrès, Le Wepler, Au Bœuf Couronné, Auberge Dab…). Il vit aussi une nouvelle jeunesse avec une carte revisitée et des prix largement revus à la baisse. Le lieu peut accueillir 250 clients.

En effet, la carte affiche un éventail de classiques parisiens en voie de disparition. Par exemple, l’aile de raie grenobloise au beurre de câpres, ou le pied de porc “à la Sainte-Menehould” grillé à la perfection, ou une tête de veau sauce gribiche servie bien mijotée dans sa cocotte en fonte. Des plats d’antan qui font le délice des gens d’aujourd’hui.

Le Café du Commerce excelle également dans le registre de la viande avec un tartare préparé à la commande ou une bavette poêlée à l’échalote confite; sans oublier les belles pièces à partager, comme l’imposante et tendre côte de bœuf sauce béarnaise ou l’épaule d’agneau du Limousin braisée au four, servie entière avec un jus au thym.

La cave possède une sélection soignée des meilleurs crus français, majoritairement issus de viticulteurs pratiquant une culture raisonnée, ainsi qu’une belle gamme de vins à 20€ la bouteille, ou même des crus tirés du fût et vendus en carafe ou au verre. Il faut dire que le Sauvignon de Touraine au verre accompagne parfaitement le filet de daurade royale, et le Ventoux fait le propre avec le tartare minute.

Les fans des desserts ne seront jamais déçus : il y en a des classiques comme la Mousse au chocolat ou la crème brûlée, et des plus élaborés comme le baba au rhum ou le Vacherin du Commerce. La variété des glaces est aussi une autre option qui sera appréciée en été principalement. Du lundi au vendredi (hors jours fériés) il est proposé une Formule de Midi à 19,60€ ou un plat uniquement à 15,50€.

Avec une ambiance plutôt familial car les clients sont surtout les gens de ce coin du 15ème, il s’agit d’un lieu un peu dépaysante dû à son singulier cadre qui évoque un sanctuaire végétal ou une installation reproduisant des jardins suspendus. En tout, l’expérience culinaire est assuré dans ce classique du Paris actuel.